Les lémuriens présents au Refuge sont tous des hybrides, obtenus volontairement, par des chercheurs, scientifiques spécialisés dans l’étude des primates et plus spécialement des lémuriens. A Madagascar, leur terre de prédilection, les lémuriens d’espèces différentes, mais proches génétiquement, se côtoient sur des territoires de plus en plus restreints de par la déforestation de l’île. Quelques rares hybrides ont été observés, ce qui a intrigué des scientifiques qui ont donc décidé d’étudier le taux de fécondité de ces animaux hybrides.
Pendant plusieurs décennies, après avoir obtenu en captivité les mêmes croisements que ceux observés dans la nature, les chercheurs ont effectué des observations, prélèvements sanguins et de sperme pour savoir si ces mêmes rares hybrides observés à Madagascar pouvaient menacer les espèces pures vivant à l’état sauvage. De tous temps, il est connu que les hybrides d’animaux sont stériles à quelques rares exceptions près ! Hélas, visiblement il fallait être absolument certain que la règle s’appliquait également aux lémuriens.

En fin de carrière, le professeur qui dirigeait ces recherches a décidé de se séparer de ces animaux plutôt que de les euthanasier comme cela se pratique plus généralement. Les Huchedé, père, fils et filles l’en remercient vivement. « Nous avons alors assuré le transport des lémuriens depuis Strasbourg jusqu’en Mayenne où ils ont découvert un environnement complètement nouveau pour eux. Ils sont passés de cages installées dans les combles d’un bâtiment universitaire à une île en pleine nature, possédant des arbres où ils peuvent s’ébattre et connaître de joyeuses poursuites. »